8 jours sur la GTMC de Clermont-Fd à Agde
Jules nous raconte son périple sur la Grande Traversée du Massif Central à VTT réalisé à l'été 2019
Une première "grande traversée" VTT pour lui, après plusieurs escapades et voyages en cyclorandonnée "classique" ainsi qu'en gravel. Une grande (et éprouvante !) semaine de Clermont-Ferrand jusqu'à la Méditerranée par la GTMC.
Au programme : du VTT évidemment, des bivouacs, des rencontres, de belles découvertes et bien d'autres !
Une aventure tout-terrain en autonomie
Une diversité de terrains et sentiers
La GTMC est un itinéraire VTT varié, tant par les nombreux terrains et environnements traversés (volcans, causses, forêts, estives, terres rouges du Salagou …) que par les types de chemins empruntés (sentiers gravel, monotraces à flanc de coteaux, pistes rocailleuses etc…). C’est clairement un atout : on ne se lasse jamais !

Quelques portions sur routes peuvent peut-être faire peur aux pures VTTistes endurcis : ça ne m'a pas posé de soucis, la piste reste dominante sur la plupart des étapes et les quelques passages sur asphalte se déroulent sans encombre sur des petites routes à faible trafic, ce qui permet de souffler un peu !
Un parcours plus ou moins technique selon les sections
Pas de mystère, comme son nom l'indique l'itinéraire traverse bien le Massif Central, et ça se sent, même si ce n'est pas les Alpes !
On monte pour redescendre, on regrimpe ensuite puis rebelote - en bref, ce n'est pas plat - et ça fait des dénivelés tout de même copieux !

En termes techniques, n'ayant pas une grande expérience dans les zones montagneuses ( j'ai habitude du VTT en Picardie, ce n'est clairement pas le même type de terrains !), il y a certains passages où je me suis fais de petites frayeurs, sur des monotraces à flanc de coteaux, le long du Tarn notamment ..
Clairement, le passage dans les Cévennes est le plus costaud selon moi, avec pour récompense des décors splendides
Orientation et suivi du tracé
Je n'ai pas eu besoin de GPS ou presque : il est tout à fait possible de parcourir l’itinéraire total en suivant les panneaux (même si un smartphone / les topoguides peuvent rester complémentaires et rassurants en cas de doute !).
Et niveau matériel ?
Le nerf de la guerre : le vélo, logique (!). Dans mon cas, c'était un VTT tout-rigide en acier et aux pneus larges, avec de nombreux oeillets permettant d'attacher des bagages (sur la fourche notamment) en plus de mes sacoches de bikepacking. Les suspensions ne m'ont pas manquées, compensées par les pneus qui "absorbaient" assez bien les vibrations. J'étais aussi content de ne pas être parti en vélo gravel, notamment lors de la traversée des Cévennes, loin d'être une section évidente !

Je suis parti avec 3 grandes sacoches de bikepacking et 2 petits sacs sur la fourche :
- Sacoche de cadre entière contenant mon eau (3L : amplement suffisant), les arceaux de ma tente et un vêtement de pluie
- Sacoche de selle avec sac de couchage, chambres à air
- Sacoche de guidon avec la tente (une grande de 2 places : bonheur !) et le matelas
- Sacs sur la fourche, en vrac : vêtements, trousse de toilette, nourriture, électronique
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J'aurais sûrement pu gagner en poids avec une tente légère 1 place voire un bivy, en emportant moins d'eau, de vêtements, etc. : mais si j'avais à le refaire, je le referais sûrement dans ma configuration initiale, sans soucis !
Le parcours de Jules sur la GTMC
Récit détaillé :
Jour 1 : Initiation dans les Puys
Clermont-Ferrand > Saulzet-le-Froid
Départ en trombe depuis la gare de Clermont, cap vers Volvic pour rejoindre ensuite la chaîne des Puys. On entre vite dans l'aspect "VTT" avec au menu : grimpettes, chemins et petits sentiers et quelques courtes sections sur routes !
Voguer sur des sentiers donne un réel sentiment de liberté par rapport à l'asphalte
Une étape sinusoïdale autour des volcans de la chaîne des Puys, ponctuée de charmants villages.
Le soir approchant, je découvre le splendide lac de Servière. Après hésitation d'y rester pour la nuit - l'endroit s'y prête parfaitement - je continue ma route sur quelques km pour être plus au calme. Un premier bivouac au frais mais l'aventure s'annonce très belle !
Jour 2 : La journée des lacs
Saulzet-le-Froid > Coltines
Pour ce premier réveil sur la GTMC, tous les éléments sont avec moi : physique, mental, matériel et même la météo, tout suit ! Ça se confirme avec un doux petit déjeuner au Lac Chambon.
Je rate le Lac Pavin en allant trop vite, mais ma pause déj' à la Godivelle compense ce "raté" : rien de végétarien dans l'unique restaurant alors je grimpe pour grignoter au Lac d'en Haut, avec un cadre au top !
Mon végétarisme semble peu compatible aux habitudes gastronomiques locales.
Ensuite, crochet au Lac de Saint-Alyre : agréable tronçon partagé avec une famille à VTT en vadrouille de 2 jours sur l'itinéraire.
Dîner à Neussargues avant le bivouac : on me propose une pizza végétarienne avec .. du thon (?!) - puis re-bivouac quelques km plus loin.
Jour 3 : Framboises & Pèlerins
Coltines > Chanaleilles
Découverte de Saint-Flour sous la bruine; cap ensuite vers la Margeride où le Mont Mouchet y pointe le bout de son sommet.
Ça grouille de framboises, elles poussent de toute part des sentiers, je me régale - et ça durera 2 jours ! -
Redescente jusque Chanaleilles où la transition nature > "société" est radicale : une fête locale s'y tient et tous les habitants des villages alentours semblent avoir répondu à l'appel. Les tireuses font couler la bière à flot, l'huile transpire des baraques à frites et la musique bat son plein !
Je m'évade et retrouve une autre ambiance : les pèlerins au Domaine du Sauvage, avec qui je dîne avant de m'éclipser, guidé par les derniers rayons du soleil.
Jour 4 : Dans les traces du Loup
Chanaleilles > Mont Lozère
Soleil de plomb aujourd'hui, l'accumulation de l'effort se fait un peu ressentir : pause du midi au Lac de Charpal, j'aurai bien envie de m'y baigner !
Les paysages sont splendides et la traversée de la Margeride est un moment de totale liberté dans des espaces immenses - on s'imagine bien le Gévaudan y rôder librement, cherchant sa future proie - !
Le VTT prend ici tout son sens, on enchaîne les sentiers dans de vastes étendues granitiques et de landes !
Arrivée "épique" à la frontale au mont Lozère par le sommet de Finiels; s'ensuit un face à face nocturne avec un âne, sûrement compagnon de route de randonneurs dormant paisiblement dans une tente juste à côté.
Jour 5 : Chemin de Stevenson plutôt que GTMC : fausse bonne idée !
Mont Lozère > Causse Méjean
Réveil aux aurores pour admirer le lever de soleil au sommet du Mont Lozère puis cap vers le village de Pont-de-Montvert traversé par le Tarn. De nombreux marcheurs y passent pour suivre le chemin de Stevenson.
Pas de raison : je me prête aussi au "jeu" mimétique - de façon certes anachronique, avec mon vélo et mon équipement technique dernier cri - et tente de suivre ses traces. J'emprunte le GR pour sortir du village : une ascension pas roulante pour un sou mais au moins je m'en souviendrai !
Retour sur la GTMC : là arrive le sentier le long des gorges du Tarn. Sacrée histoire ! Un chemin technique et à flanc de coteaux où la chute n'est pas envisageable avec une vue en contrebas impressionnante. On redescend régulièrement au niveau de la rivière et on peut s'y baigner aisément.
Éprouvant et magnifique jusqu'au bout, je quitte les gorges du Tarn à Sainte-Énimie pour une dernière grosse grimpette.
Jour 6 : Après l'effort, le réconfort !
Causse Méjean > Rogues
Au menu du petit déjeuner : une longue et éprouvante ascension jusqu'au sommet du Mont-Aigoual recouverte d'une brume dense et bien humide. Le panorama sur les Cévennes, ce ne sera pas pour aujourd'hui !
La redescente de la face sud-ouest n'est pas aisée non plus, technique et rocailleuse à souhait, mais le plaisir de pilotage est total.
L'épreuve continue avec des monotraces en forêt qui ne cessent de grimper pour redescendre, le tout saupoudré de quelques poussages par endroits, sacrée étape décidément !
Les paysages s'assèchent peu à peu vers le sud. J'atteins le village de Rogues juste avant un orage en approche. Une envie de confort (et de douche !) me prend : je trouve une yourte pour la nuit dans un cadre idyllique, dominant les gorges de la Vis. Ce sera ma première nuit hors tente - un repos du guerrier bien mérité - !
Jour 7 : De Navacelles aux terres rouges du Salagou
Rogues > Nébian
Sortant de mon habitat mongole, je me fais accueillir par un troupeau de chevaux, puis après un copieux petit déjeuner, les single tracks du Cirques de Navacelles m'appellent.
Ce n'est pas une mince affaire, je n'en mène pas large : j'avais déjà découvert l'endroit à vélo de route mais l'ambiance n'est vraiment pas la même à VTT !
Je crois qu'à ce moment, je suis pressé d'arriver plus au sud, sortir de ce terrain de jeu splendide mais usant de par ses dénivelés et sa technicité !
Je rejoins Lunas et déjà, je me sens plus serein. Quelques temps après, la terre ocre annonce la couleur de l'arrivée au lac du Salagou : la fin de l'aventure semble commencer à poindre.
Jour 8 : Grand bleu & sable fin
Nébian > Agde
C'est le dernier jour, si tout se passe bien.
Je pars tôt et trace vers Agde, empruntant certaines portions de route pour rejoindre plus rapidement la mer : le temps semble se dégrader et je compte bien m'immerger dans le grand bleu avant que les nuages ne recouvrent le ciel.
J'y arrive, en trombe, comme lors de mon départ de Clermont le 1er jour. Tête dans le guidon, je ne réflechis pas et fonce à l'eau.
L'aventure se termine sans que je ne le réalise vraiment. Je crois que cette 1ère itinérance VTT en appellera d'autre. C'est même certain !





















